Avez-vous déjà voyagé dans les pays d’Europe centrale ?

Lors de la période de Pâques les vitrines et les tables de fête se parent d’oeufs décorés de milles couleurs chatoyantes. Enfants, parents, grand-parents, tout le monde s’y met et fabrique son oeuf peint.

Les oeufs teints selon la méthode naturelle

Je me souviens de notre nounou qui faisait bouillir des oeufs à coquille blanche avec des pelures d’oignon pour obtenir une belle couleur ambrée. Une fois secs, elle les lustrait avec un peu d’huile alimentaire pour les rendre encore plus brillants.

 

Dans les grands surfaces on trouvait aussi des petits sachets en plastique décorés de motifs variés plus ou moins traditionnels. Il suffisait de glisser un oeuf dans chaque sachet puis de faire bouillir le tout quelques instants dans de l’eau.  Les petits sacs rétrécissent alors sous l’effet de la chaleur et épousent les forme de l’oeuf ainsi décoré en un instant.

La technique traditionnelle ou pysanka

Mais c’est la technique traditionnelle que j’admire le plus, celle de ces oeufs couverts de motifs géométriques patiemment entrelacés et colorés dans des bains de teinture successifs selon la méthode du batik.

Cette technique est appelée Pysanka en Ukraine. Elle consiste à tracer tout d’abord un dessin au crayon sur son oeuf en commençant par le partager en différents secteurs, puis à affiner peu à peu le dessin pour obtenir une répartition régulière et symétrique des formes.

 

On peut choisir des oeufs de poules à condition qu’ils soient d’un race de gallinacés qui fait des oeufs bien blancs. Ils ne sont pas toujours facile à trouver mais certaines enseignes discount en ont régulièrement cependant. On peut également se procurer des oeufs d’oies bien blancs et plus gros ou encore acheter spécialement des oeufs d’autruches si on souhaite se lancer en grand … mais gare à la main qui tremble !

 

Ensuite, avec un petit entonnoir rempli de cire chauffé à une bougie, on repasse sur chaque partie du dessin. On ne recouvre que les zones que l’on souhaite laisser en blanc. L’oeuf part alors dans un bain de teinture additionnée d’un peu de vinaigre blanc pour que la couleur prenne bien. Une fois séché, on peut reprendre le travail avec la cire. Il faut protéger désormais d’une couche fine les parties dont on souhaite préserver la première couleur obtenue. On travaille ainsi de suite par bain de couleur successif de la plus couleur la plus claire à la plus sombre. Reste ensuite à chauffer doucement l’oeuf au four pour enlever la cire, le frotter pour le rendre bien brillant. L’étape ultime et délicate consiste à vider l’oeuf sans faire couler le contenu sur les couleurs pour éviter toute trace d’humidité. Les artistes expérimentées travaillent sur des oeufs déjà vidés pour cette raison mais attention à la casse ! Reste alors à glisser un petit fil dans les trous et à suspendre son oeuf décoré.

 

Ma première production ! Je vais devenir addict je crois !

Jusque ici je n’avais malheureusement pas eu l’occasion d’apprendre cette technique en Russie. Mais de retour dans les Yvelines, une de mes premières élèves Valérie ouvrait régulièrement sa maison pour montrer cette technique. J’ai foncé bien évidement chez elle, et voici ma première production ! C’ était au coeur du mois de décembre et je rêvais déjà de prairies verdoyantes et de fleurettes rosées apparemment … mon oeuf peint est assez printanier non ?

 

 

 

Pour Pâques cette année je voudrais décorer des oeufs d’un petit lapin dans le style de Peter de Beatrix Potter sur un fond monochrome … à suivre, je partagerai promis !