Fin de grossesse délicate, nouveau-né au sein et – 15°C dehors … je craignais, après la liberté grisante des premières années d’expatriation, de traverser des semaines d’enfermement un peu triste… la cage était certes dorée … mais fini les ateliers et les journées créatives, et après ce serait le retour en France … perspective en demi-teinte…

Elle est née en Roumanie derrière le rideau de fer, comme toute sa famille et comme beaucoup de personnes alors de ce coté-ci du monde, elle a appris la couture, parce qu’on trouvait du tissus mais pas de vêtements tout faits, parce que c’était comme ca et qu’on n’avait pas le choix… elle en a fait un métier, mais elle a en aussi fait une force.

Gabriela Buzatu, nous nous sommes rencontrées sur les bancs de l’atelier de cartonnage, tu enchainais les encadrements tous plus délicats et virtuoses les uns que les autres… et un jour tu m’as dit que tu savais coudre… j’ai découvert que par cet euphémisme tu voulais dire que tu étais une véritable professionnelle !

Et lorsque la réclusion forcée m’a guettée tu n’as pas hésité à traverser la ville sous la neige plusieurs fois par semaine pour venir m’enseigner les patrons, la coupe, le montage des vêtements que je rêvais de réaliser …

Chaque fois désormais que mes filles mettent leurs petits chemisiers fleuris … je repense à ces moments, où penchées à coté du berceau et concentrées, nous coupions, assemblions, faisions et défaisions ces petites blouses !

Merci Gaby pour ta générosité, pour tes recettes bios aussi ! … où que la vie te mène désormais après l’étape Moscovite, je sais que nous nous reverrons ! J’ai encore tellement à apprendre !